La Ligue arabe, qui a appelé pour l’adoption d’une résolution permettant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne en dessus de la Libye, a critiqué dimanche dernier les frappes aériennes des forces de la coalition en Libye, déclarant que ces raids aériens ne protègent pas les civils, au contraire, ils bombardent davantage e civils. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe. “Ce qui se passe en Libye diffère de l’objectif d’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, et ce que nous voulons est la protection des civils et non le bombardement de davantage de civils”, a-t-il déclaré, 24h à peine après avoir approuvé les conclusions du sommet de l’Élysée.

Le porte-parole de l’insurrection libyenne, Abdel Hafiz Ghoga, a critiqué l’annonce du secrétaire général de la Ligue arabe sur la chaîne Al Jazeera, indiquant qu’il soutient l’intervention militaire contre le Colonel Kadhafi, ajoutant qu’il a été surpris par la déclaration de Amr Moussa. “Quel est le mécanisme qui empêche l’extermination du peuple en Libye, quel est ce mécanisme, monsieur le secrétaire général? Si la protection des civils n’est pas une obligation humanitaire, quel est le mécanisme que vous nous proposez?”, a-t-il lancé.
L’article 4 de la résolution 1973 des Nations Unies, qui autorise la coalition utiliser “tout moyen nécessaire pour protéger les populations” crée la polémique au sein de la communauté internationale. Le général Jean-Vincent Brisset, chercheur à l’institut française de relations internationales et stratégiques a déclaré que “le mandat onusien n’est pas clair” ajoutant que ce que est sur c’est que “la résolution va beaucoup plus loin qu’une simple zone d’exclusion aérienne.”
Quant à l’Égypte, partenaire stratégique de la coalition, elle a décidé de ne pas prendre part aux opérations militaires en Libye pour des raisons touchant à sa sécurité intérieure et au fait que de très nombreux égyptiens vivent dans ce pays voisin, selon le chef de la diplomatie égyptienne, Nabil Elarabi, rapporté par l’agence de presse égyptienne Mena. Ce dernier a ajouté que l’Égypte a soutenu la résolution onusienne pour des raisons humanitaires mais n’a jamais fait part d’une quelconque participation lors des interventions en Libye.
